…-2009

Carnaval munichois ou Hommage à James Ensor

carton, critérium, acrylique

64 x 84 cm

2009

Dessin réalisé pour le concours Danner ayant pour thème « Hommage à un artiste »

J’ai choisi James Ensor (1860-1949), peintre et graveur belge.

C’est le peintre des masques et des squelettes, individu solitaire, il incarne l’artiste souffrant du monde. Il considérait la vie comme une vaste farce.

James Ensor est né à Ostende d’une mère flamande et d’un père anglais qui, grand bourgeois cultivé, devient vite alcoolique. Sa famille tient un magasin de souvenirs, coquillages, objets exotiques et masques de carnaval, ce décor insolite aura une certaine influence sur sa création.

Le génie d’Ensor se caractérise par un mélange de bouffonneries et de cauchemars. Ses obsessions et ses peurs occupent ses peintures. Il va mettre en évidence les aspects grotesques des choses, présenter une humanité grossière et peut-être méprisable. Il peindra également des tableaux charges, qui s’en prennent aux critiques d’art, aux médecins, aux gendarmes, avec une certaine hargne. Il parodie dans sa peinture les parades, les défilés ou manifestations populaires, il met en scène une foule considérée comme une menace, une horde de rustres. Il présentera sa vision du monde de façon radicale, sarcastique, insolente et souvent grossière.

Le décor de la fête de la bière m’a permis de rendre cette atmosphère absurde de carnaval chère à l’artiste ostendais. J’ai mis en scène tout un monde qui s’agite, une foule cruelle et obscène, avide de sensation, en reprenant des motifs d’Ensor et également de ses modèles, comme Goya, Brügel et Bosch.

Au centre du dessin, j’ai représenté le Pape, reprise d’une gravure de Goya. Au moment de son voyage en Afrique, Benoît XVI affirma que le préservatif aggravait le problème du Sida. A ses pieds, parmi la foule, dansent deux squelettes africains.

On retrouve d’autres extraits de l’œuvre de Goya, de ses « désastres de la guerre », qui est un prêche contre l’absurde, la tyrannie, l’imposture.

Un squelette court, dans son dos, un papier, où est écrit « Nada ». L’estampe originale montre un cadavre tenant dans sa main décharnée le message « Nada », il n’y a rien. L’homme se retrouve seul, privé de toute transcendance, dépourvu de sa justification et de sa vie future.

Des soldats américains défigurés ou amputés dansent le charleston sur un kiosque animé par un orchestre d’animaux.

Une maman regarde une poche, dans laquelle se trouve son bébé congelé.

Sarkozy promène sa belle. Leur passion est peinte sur des Lebkuchenherz.

Bernd Posselt appartient au décor, représentant du parti très conservateur bavarois (la CSU, Union Chrétienne et Sociale), il a tenu des discours ahurissants, tristement d’un autre temps, au moment des élections européennes, où il a d’ailleurs été élu.

On retrouve des scènes de torture de la prison d’Abou Grahib.

Des enfants dédicacent des obus, utilisés au cours de la guerre menée par Israël contre le Liban de l’été 2006.

Un cochon est pendu, un bœuf tourne sur une broche, des poissons sont plantés sur des piques, exhibition de cadavres calcinés, s’il y a un Dieu, pourquoi nous a-t-il fait mangeur de chair?

Munich et à l’église, 2006

Concours Danner, 2006, « Mélancholie » ( Détail )

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